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La beauté de Pandore

Posted in : Actualités on by : AnaÏs Jane Tsang Comments:

 

Au premier coup d’œil, l’image semble tout droit sortie d’un conte de fées. On dirait le portrait d’une reine, vêtue d’une robe ensorcelée d’où irradie une lumière bleutée. Toutefois, lorsqu’on s’attarde à la photo de l’artiste Dominique Paul, exposée à la boutique de Marie Saint Pierre à Wynwood, on passe vite de l’éblouissement au questionnement.

Le costume baroque que porte Dominique Paul elle-même sur la photo est en réalité constitué de centaines de bouteilles de plastique recyclées. De plus, grâce à un projecteur, l’artiste a superposé les traits d’un mannequin d’une publicité de cosmétiques à son propre visage. « Ça n’arrive pas parfaitement, explique Dominique Paul. On se demande : est-ce qu’il y a eu une chirurgie qui s’est mal passée? Ce petit décalage amène à la réflexion, et c’était important pour moi d’avoir cet élément. »

Dominique Paul

L’œuvre intitulée « Pandore » se veut une discussion sur la surconsommation, les inégalités sociales et la représentation du corps humain. L’artiste québécoise, qui partage son temps entre Montréal et New York, aborde régulièrement ces thèmes par l’intermédiaire de la photographie et de la vidéo expérimentale. Pour elle, prendre des objets que l’on jette par millions, comme des bouteilles d’eau, et en faire une tenue spectaculaire contribue à attirer l’attention du public sur des enjeux évidents que l’on s’obstine à ne pas voir.

« J’aborde la mode de façon sociologique, » explique Dominique Paul. Ses robes, qui relèvent davantage de la sculpture que du vêtement, portent d’ailleurs des noms comme « La surpêche des océans », « Le 1 % possède 50 % » ou « L’écart de rémunération ».

Quel lien peut-on tracer entre le discours engagé de l’artiste et le travail de Marie Saint Pierre? « C’est la démarche derrière le vêtement, dit Dominique Paul. Il y a la recherche de matériaux et il y a l’intérêt pour le corps. Marie habille très bien des corps qui ne répondent pas forcément aux canons de beauté. Elle rend la femme élégante, elle lui donne du pouvoir. Son approche est très contemporaine. »

Les notions de durabilité et d’intemporalité sont également chères aux deux créatrices. « En 1995, j’ai participé à un symposium international, raconte Dominique Paul. Je me souviens d’une artiste allemande qui portait un ensemble qui avait dû couter une fortune, mais elle l’a porté durant les trois semaines! C’est dans cette perspective que j’achète du Marie Saint Pierre. J’ai une robe et un manteau qui ont 10 ans et je les porte toujours. »

Dominique paul

Dominique Paul

Dominique Paul